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Epidémie urbaine: Pro Gallery

ÉPIDÉMIE URBAINE

la publicité : virus de la société de consommation

Nous vivons dans un monde rempli d’excès liés à notre société de consommation incitant perpétuellement à la surconsommation. Selon le principe de décroissance, la croissance économique principalement lié au processus d’industrialisation apporte plus de nuisances que de bienfaits à l’humanité. Les trois grandes conséquences de ce phénomène sont le dysfonctionnement de l’économie, l’aliénation au travail ainsi que la pollution. Mais comment peut-on inciter les populations à la décroissance ?

Dans le cadre de mon projet je me suis intéressée à l’omniprésence de la publicité dans le paysage urbain. Ces publicités marquent la présence, et le contrôle, de la société de consommation et incitent à la surconsommation. Cette dégradation et envahissement du paysage public peut se manifester comme une manipulation mentale, une agression, une invasion, une intrusion. La publicité est en réalité une pollution visuelle de l’espace public. En effet chaque jour nos yeux voient en moyenne 1200 messages publicitaires.


Dans l’optique de dénoncer les excès de la société de consommation et d’inciter à la décroissance, je me suis posé une question : par quels moyens peut-on dénoncer la pollution visuelle dans les villes ?


L’espace public étant un lieu d’échange, de rencontre, de communication et d’interactions sociales, il me semblait évident juste d’y intervenir directement et en toute liberté de manière à se réapproprier cet espace qui ne semble plus nous appartenir. L’idée est alors de créer une épidémie urbaine en partant du principe que la publicité est un virus. Il fallait donc un remède, pharma code en Grec, et quoi de mieux pour combattre une épidémie qu'un vaccin ? Un vaccin c'est tuer le poison par lui-même, c'est à la fois le remède et le virus. Le but était alors de prendre le sujet à l’envers, c’est à dire de créer de la pollution visuelle pour dénoncer la pollution visuelle et inciter, à terme, à la décroissance. Pour cela je me suis intéressée à la notion de prolifération notamment présente dans l’esthétique des cellules cancéreuse, de la moisissure, du lichen et des motifs alvéolaires et modulaires. Mes expérimentations rendent d’ailleurs compte de cet esthétique.


Dans le but de mettre en œuvre ce projet d’affichage sauvage destiné à des actions clandestines et militantes contre la publicité et la société de consommation, j’ai élaboré 3 motifs jouant sur des effets de transparences que j’ai déclinés avant de choisir l’option la plus porteuse : les motifs évidés sur fond blanc. Ils rendent compte de cette idée de prolifération puisqu’ils sont hors cadre ce qui donne une impression de mouvement et d’expansion renforcée avec l’idée de désolidarisation des modules au sein des motifs. L’objectif est d’en faire des stickers géants qui viendraient se coller sur les panneaux publicitaires afin d’altérer la vision et la lecture des publicités en-dessous. Grâce aux jeux de transparences, la publicité ne serait que partiellement visible. De plus cela crée un effet de contradiction au sein de l’image puisqu’avec ce motif, c’est la publicité qui ressortira dans les parties évidées, transparentes, du sticker et deviendra le parasite ce qui fait ressortir le propos même de cette intervention. Le vrai visage de la publicité est révélé, c’est une épidémie urbaine.

Epidémie urbaine: Texte

©2021 par Tania SAFA. Créé avec Wix.com

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